Les robots industriels recherchent de nouveaux emplois

Pendant longtemps travailler avec un robot n’avait rien de réjouissant ou de sécurisant . On ne travaillait d’ailleurs pas avec un robot industriel. Au mieux pouvait-on travailler dans la même usine que lui, à distance.

La nouvelle génération qui est en train de se faire une place dans nos usines et nos entreprises ressemble plutôt à cela :

blog ingenieurs robotsA droite : Bras articulé Kuka LWR Source : Kuka

Les différences sautent aux yeux. Plus petits, plus flexibles, plus intelligents, et surtout plus adaptés à un travail collaboratif avec des humains. Revenons aux robots industriels tels que nous les connaissons depuis les années 1950. Ces machines, qui sont certes devenues de plus en plus intelligentes et précises avec le temps, ont été inventées pour effectuer un travail à la chaîne et répétitif. Elles ont remplacé les humains sur nombre de chaînes de montage mais leurs compétences sont limitées. Elles soudent, elles déplacent, elles assemblent… Mais elles peuvent difficilement effectuer des tâches variées. Elles sont aussi incapables de prendre des initiatives, de réagir à un imprévu. Elles ne savent ni s’adapter ni apprendre. En outre, elles sont bien souvent complètement incapables de travailler en collaboration avec d’autres robots ou avec des humains. Jetez à nouveau un coup d’oeil aux robots industriels qui oeuvrent dans l’industrie automobile : prendriez-vous le risque de travailler à côté d’eux ? Vous auriez bien raison d’être prudent : ces robots ne sont pas faits pour travailler avec des êtres humains. Un seul mouvement, et ces bras robotisés conçus pour soulever des centaines de kilos vous envoient au tapis. Quand ils sont armés d’outils tranchants ou coupants, c’est encore pire. Voilà pourquoi ils travaillent généralement bien séparés de nous.

blog ingenieurs robotsA droite : Robot Baxter de Rethink Robotics Source : www.rethinkrobotics.com

Les nouvelles générations de robots veulent faire tomber ces barrières… et travailler à vos côtés. Et même en collaboration avec vous. C’est ce que l’on appelle la cobotique. La cobotique rendue nécessaire pour la conquête de nouveaux marchés La coexistence entre robots et humains passe par un véritable bond en avant en matière de technologies mais aussi par une mutation de l’usage des robots. Depuis plusieurs années, leurs fabricants sont conscients que leur avenir passe par la conquête de nouveaux marchés. Traditionnellement, les robots industriels sont cantonnés à quelques secteurs, comme l’automobile ou l’électronique. Ces marchés sont aujourd’hui parvenus à une certaine saturation. Je généralise un peu car, en matière de robotique industrielle traditionnelle, des relais de croissance existent, ne serait-ce que dans les pays émergents (le principal sous-traitant d’Apple, Foxconn, vient ainsi de remplacer 60 000 ouvriers par des robots dans son usine de Kunshan) ou encore dans les pays industrialisés à la faveur d’un mouvement de relocalisation. Malgré tout, la conquête de nouveaux marchés se révèle indispensable, et le phénomène s’est encore accéléré depuis la crise de 2008 alors que le marché automobile, premier client de la robotique industrielle, a été durablement affecté. Les robots sont partout

Pour les fabricants de robots, cette conquête est menée sur deux fronts. Premièrement par la prise en main de nouveaux marchés qui avaient été jusqu’alors peu sensibles aux charmes technologiques de la robotique. Ces dernières années, l’agroalimentaire, la production pharmaceutique ou encore la logistique se sont progressivement laissés tenter par la robotisation. Un des exemples les plus connus : Amazon.

Les robots Kiva en action dans les entrepôts Amazon Source : Time.com

Le géant de l’e-commerce a équipé ses entrepôts de robots qui se glissent sous les rayons et les déplacent jusqu’aux employés humains qui sont encore en charge de l’emballage des colis. Amazon est en train d’imposer cette robotisation dans tous ses entrepôts à travers le monde. Pour cela, le groupe avait racheté dès 2012 le fabricant de robots Kiva Systems, et ce pour 678 millions de dollars. Les fabricants comptent aussi, je vous le disais, sur l’agroalimentaire où l’installation de robots a progressé de 28% entre 2009 et 2013 et devrait encore accélérer dans les années qui viennent, avec une hausse de 29% d’ici 2019. Si les robots gagnent du terrain sur ce secteur c’est qu’ils semblent être la solution à divers problèmes que rencontre l’industrie alimentaire. Et tout d’abord, celui de la cadence et de la rentabilité. C’est particulièrement vrai dans les marchés où l’industrie agroalimentaire est en très forte croissance, comme en Chine ou en Inde. La robotisation permet de répondre à l’ampleur de la demande. Ensuite le recours aux robots semble une réponse à la demande croissante des consommateurs en matière d’hygiène. Les différents scandales sanitaires qui secouent régulièrement l’actualité pousse le secteur agroalimentaire à sauter le pas de la robotisation pour éliminer les erreurs et les contaminations d’origine humaine. Les petites et moyennes entreprises se convertissent à la robotique Le second front sur lequel les fabricants de robots avancent leurs pions est celui des petites et moyennes entreprises. Jusqu’à récemment, seules les grandes usines et les grandes entreprises avaient les moyens de passer à la robotisation.

Aujourd’hui, les fabricants de robots proposent de nouvelles générations de robots adaptés à de plus petites entreprises. Les robots proposés à ces nouveaux clients doivent être moins chers, plus petits mais aussi plus flexibles. Pour convaincre une PME d’investir dans des robots, il faut lui promettre que ceux-ci pourront accomplir plusieurs tâches, qu’ils seront reprogrammables et pourront s’adapter à ses besoins. Si Volkswagen peut se permettre d’avoir des robots qui ne savent que fixer une portière sur l’habitacle d’une voiture, ce n’est pas le cas d’un petit fabricant de jouets, de cookies, ou de bijoux. Les robots qui partent à la conquête des petites et moyennes entreprises coûtent entre 20 000 et 50 000 $ (contre plusieurs centaines de milliers pour leurs grands frères qui oeuvrent dans l’industrie automobile), leurs bras sont particulièrement flexibles, ils peuvent se déplacer, changer de tâches et en apprendre de nouvelles. Ils ont aussi appris à arrêter leurs mouvements s’ils rencontrent un obstacle ou s’ils sont face à un danger. Ils communiquent avec leurs collègues humains via une interface et peuvent de plus en plus s’adapter à nous. Comment est-ce possible ? Quelles sont les avancées à attendre en matière de cobotique ? C’est ce que nous verrons dans une prochaine Quotidienne.

En attendant, rendez-vous dans NewTech Insider car sans intelligence artificielle, nos rêves de collaboration avec les robots risquent de tourner rapidement court.
Rédigé le 1 juin 2016 par Cécile Chevré | Nouvelles technologies

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